novembre 4, 2026
La maladie de Cushing chez le chien, parfois recherchée sous l’expression « maladie de Cushing chien », correspond à une exposition excessive au cortisol. Cette affection, aussi appelée
La maladie de Cushing chez le chien, parfois recherchée sous l’expression « maladie de Cushing chien », correspond à une exposition excessive au cortisol. Cette affection, aussi appelée syndrome de Cushing, nécessite un diagnostic vétérinaire. Un traitement adapté améliore souvent le confort de vie, mais demande une surveillance régulière.
Voir votre compagnon boire davantage, perdre ses poils ou ralentir peut inquiéter, surtout quand ces changements ressemblent au vieillissement. Pour comprendre ce qui lui arrive, il faut d’abord relier ces signes plutôt que les considérer séparément.
Le cortisol, produit par les glandes surrénales, participe notamment à la réponse au stress. L’hypercorticisme canin désigne une exposition excessive et prolongée à cette hormone.

Environ 80 à 85 % des cas spontanés proviennent d’une tumeur de l’hypophyse, une petite glande située dans le cerveau. Celle-ci stimule excessivement les glandes surrénales par l’intermédiaire de l’ACTH. Les 15 à 20 % restants résultent d’une tumeur surrénalienne.
La maladie touche surtout des chiens adultes ou âgés. Dans l’étude britannique de Schofield publiée en 2022, les rapports de cotes étaient élevés chez le Bichon frisé (6,17), le Border terrier (5,40) et le Schnauzer nain (3,05). Ils étaient plus faibles chez le Golden retriever (0,24) et le Labrador (0,30), sans exclure ces races.
La prednisone, la prednisolone ou la dexaméthasone sont des corticoïdes qui, administrés longtemps ou à fortes doses, peuvent provoquer un Cushing dit iatrogène.
Transmettez au vétérinaire la liste complète des médicaments utilisés. Un corticoïde ne doit pas être arrêté brutalement après un traitement prolongé : une diminution progressive peut être nécessaire.
La polyuro-polydipsie, c’est-à-dire des urines abondantes associées à une soif excessive, concerne environ 90 % des chiens atteints dans certaines séries cliniques. Un animal jusque-là propre peut recommencer à uriner à l’intérieur.
L’appétit augmente souvent, tandis que l’activité diminue. Ces signes sont très fréquents, sans être obligatoires. Un halètement inhabituel et un ventre arrondi peuvent aussi apparaître. La fonte musculaire explique parfois une difficulté à monter les escaliers.
Si votre chien urine dans la maison, évitez les réprimandes : une cause médicale peut dépasser sa capacité à se retenir. Laissez toujours l’eau accessible.
L’alopécie touche souvent les flancs et le tronc, parfois de façon symétrique. La peau peut devenir fine, présenter des comédons ou cicatriser moins facilement.
Un chien peut ne montrer que des signes cutanés. Dans la série de Zur et White publiée en 2011, dix chiens consultaient uniquement pour une dermatose ; neuf présentaient une alopécie.
Toutefois, une perte de poils par plaques peut aussi accompagner une infection, une allergie ou une hypothyroïdie. Une peau rouge, malodorante ou très prurigineuse fait rechercher plusieurs causes, parfois associées.
Le diagnostic du syndrome de Cushing repose sur les symptômes et les examens, pas sur une seule mesure biologique.

Le parcours comprend généralement trois étapes :
Une baisse du cortisol à T4 sous 40 nmol/L, suivie d’une remontée à T8, peut soutenir une origine hypophysaire. Ce seuil ne confirme pas cette origine à lui seul : les unités, la méthode du laboratoire et le profil complet comptent.
Le test de stimulation à l’ACTH intervient dans certaines situations, notamment pour une forme iatrogène. L’algorithme diagnostique d’IDEXX distingue ces usages. Le stress et les maladies concomitantes peuvent perturber les résultats.
Un macroadénome est une tumeur hypophysaire volumineuse. Son volume peut provoquer des troubles neurologiques, comme une désorientation, un changement de comportement, des troubles visuels ou des crises convulsives.
L’étude de Benchekroun publiée en 2017 associait un macroadénome à une fréquence cardiaque inférieure à 84 battements par minute et à une température inférieure à 38,3 °C. Cette bradycardie, c’est-à-dire un ralentissement de la fréquence cardiaque, et ces valeurs restent des indices cliniques, sans poser de diagnostic ni remplacer l’imagerie cérébrale.
Le dosage des précurseurs de l’ACTH relève d’explorations spécialisées. Granger et ses collègues ont rapporté en 2005 une sensibilité de 93 % et une spécificité de 86 %, avec un seuil de 35 pmol/L pour repérer un macroadénome.
Ces performances concernent la population étudiée. Ce dosage n’est pas un examen de routine et ne remplace pas l’IRM lorsque des signes neurologiques apparaissent. Une crise convulsive ou une dégradation neurologique rapide impose une consultation urgente.
Le trilostane, commercialisé notamment sous le nom Vétoryl, inhibe la stéroïdogenèse : il diminue la fabrication du cortisol. Le traitement est généralement poursuivi à vie, avec une dose adaptée individuellement et une administration avec nourriture.
Il contrôle les effets hormonaux sans retirer la tumeur hypophysaire. L’hypothèse d’une croissance tumorale favorisée par le traitement, parfois rapprochée du syndrome de Nelson, n’est pas démontrée chez le chien.
Moins couramment employé que le trilostane, le mitotane agit sur le tissu surrénalien et exige une surveillance étroite. Ces médicaments ne sont pas interchangeables sans nouvelle prescription.
Une tumeur surrénalienne opérable peut justifier une surrénalectomie. L’intervention offre parfois une guérison, mais ses risques dépendent notamment de l’extension tumorale et de l’état général.
Pour certaines tumeurs hypophysaires, des centres spécialisés proposent chirurgie ou radiothérapie. Hansen a rapporté en 2019 une amélioration clinique chez 37 chiens sur 45 après radiothérapie stéréotaxique, avec une survie médiane de 311 jours.
La cabergoline reste une option spécialisée, moins étayée que le trilostane. Dans l’étude de Castillo de 2008, 17 chiens sur 40, soit 42,5 %, ont répondu, avec réduction tumorale chez les répondeurs. Ces résultats ne permettent pas de la présenter comme un traitement standard.
Enfin, aucun remède homéopathique ni complément alimentaire n’a démontré qu’il pouvait remplacer ces traitements.
Les premiers jours servent à observer la tolérance et l’évolution des symptômes. Signalez au vétérinaire les effets secondaires inhabituels. Il n’existe pas de période obligatoire d’une semaine durant laquelle des symptômes marqués seraient normaux.
Un premier contrôle intervient souvent après 10 à 14 jours, puis vers un mois et trois mois. Ensuite, les rendez-vous sont généralement trimestriels, avec des contrôles supplémentaires après modification de dose.
Le suivi du traitement au trilostane associe l’état clinique aux examens biologiques. Le vétérinaire surveille notamment les électrolytes et adapte les dosages hormonaux au protocole choisi.
Sous trilostane, vomissements, diarrhée, refus de manger ou faiblesse inhabituelle peuvent signaler un manque dangereux de cortisol. Ne redonnez pas la dose suivante et contactez immédiatement le vétérinaire.
À domicile, notez la consommation d’eau, l’appétit et l’endurance. La peau et le pelage récupèrent plus lentement. Une alimentation équilibrée, adaptée aux maladies associées, et des promenades selon ses capacités soutiennent son confort.
Il n’existe pas de tarif national unique. Le prix d’un dosage seul ne correspond pas au coût du diagnostic complet.
Voici des repères tarifaires publiés par Rassurez-moi, à considérer comme indicatifs.
| Poste | Fourchette indicative |
|---|---|
| Consultation vétérinaire | 35 à 60 € |
| Bilan sanguin et dosage hormonal | 100 à 200 € |
| Échographie abdominale | 100 à 250 € |
Le budget dépend surtout des actes nécessaires. Ces lignes ne s’additionnent pas automatiquement : certains forfaits regroupent plusieurs examens. Un scanner, une IRM ou une chirurgie constituent des dépenses supplémentaires.
Pour le traitement, le poids, la dose prescrite et la fréquence des contrôles modifient la facture. Il faut donc distinguer médicaments, suivi courant et éventuelles complications, plutôt que retenir un montant mensuel universel.
Certains chiens stabilisés vivent plusieurs années avec un confort satisfaisant. Cependant, aucune médiane ne prédit la durée de vie de votre compagnon.
Dans la cohorte japonaise de Nagata publiée en 2017, la survie sans traitement avait une médiane de 506 jours. Le risque de décès était multiplié par 5,01 par rapport aux chiens traités.
Barker rapportait en 2005 des médianes de 662 jours sous trilostane et de 708 jours sous mitotane, sans différence significative. Ces chiffres dépendent des populations étudiées et ne permettent pas de comparer directement médicaments et radiothérapie.
L’arrêt du trilostane peut laisser réapparaître la soif excessive, les urines abondantes et les autres manifestations de l’hypercorticisme. Le médicament contrôle la production hormonale sans supprimer systématiquement sa cause.
Une interruption programmée doit donc être encadrée. En revanche, un chien malade sous traitement nécessite un avis immédiat avant toute nouvelle prise. Pour un Cushing provoqué par des corticoïdes, leur diminution suit un protocole différent.
Le diagnostic seul ne justifie pas une euthanasie. L’évaluation repose sur la qualité de vie, la souffrance et les possibilités de soins.
Des difficultés persistantes à manger, se déplacer ou se reposer, malgré une prise en charge adaptée, méritent une discussion avec le vétérinaire. Les complications et les autres maladies comptent autant que le Cushing dans cette décision.
La maladie de Cushing demande de relier les symptômes, de confirmer leur cause et d’ajuster les soins dans la durée. Le confort quotidien reste le meilleur fil conducteur, avec les résultats des examens.
Si votre chien boit davantage, perd ses poils ou change d’activité, prenez rendez-vous et apportez vos observations. Ces informations aideront le vétérinaire à choisir les explorations utiles.
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