Maladie de Cushing chez le chien : symptômes et traitements

novembre 4, 2026

La maladie de Cushing chez le chien, parfois recherchée sous l’expression « maladie de Cushing chien », correspond à une exposition excessive au cortisol. Cette affection, aussi appelée

La maladie de Cushing chez le chien, parfois recherchée sous l’expression « maladie de Cushing chien », correspond à une exposition excessive au cortisol. Cette affection, aussi appelée syndrome de Cushing, nécessite un diagnostic vétérinaire. Un traitement adapté améliore souvent le confort de vie, mais demande une surveillance régulière.

Voir votre compagnon boire davantage, perdre ses poils ou ralentir peut inquiéter, surtout quand ces changements ressemblent au vieillissement. Pour comprendre ce qui lui arrive, il faut d’abord relier ces signes plutôt que les considérer séparément.

À retenir

  • Le syndrome de Cushing correspond à un excès prolongé de cortisol. Il est souvent lié à une tumeur de l’hypophyse ou des surrénales, mais peut aussi être provoqué par un traitement prolongé aux corticoïdes.
  • Une soif et des urines abondantes, un appétit accru, une baisse d’activité, un ventre arrondi ou une perte de poils peuvent alerter. Le diagnostic associe examen vétérinaire, analyses et tests hormonaux, parfois complétés par de l’imagerie.
  • Le trilostane contrôle la production de cortisol et demande un suivi régulier. Il ne retire pas une éventuelle tumeur; la chirurgie ou la radiothérapie peuvent être envisagées dans certaines situations.
  • Sous trilostane, des vomissements, une diarrhée, un refus de manger ou une faiblesse inhabituelle nécessitent de ne pas donner la dose suivante et de contacter immédiatement le vétérinaire.

Quelles sont les causes du syndrome de Cushing ?

Le cortisol, produit par les glandes surrénales, participe notamment à la réponse au stress. L’hypercorticisme canin désigne une exposition excessive et prolongée à cette hormone.

Illustration d'un chien de profil avec des représentations anatomiques des glandes.

Une origine hypophysaire ou surrénalienne

Environ 80 à 85 % des cas spontanés proviennent d’une tumeur de l’hypophyse, une petite glande située dans le cerveau. Celle-ci stimule excessivement les glandes surrénales par l’intermédiaire de l’ACTH. Les 15 à 20 % restants résultent d’une tumeur surrénalienne.

La maladie touche surtout des chiens adultes ou âgés. Dans l’étude britannique de Schofield publiée en 2022, les rapports de cotes étaient élevés chez le Bichon frisé (6,17), le Border terrier (5,40) et le Schnauzer nain (3,05). Ils étaient plus faibles chez le Golden retriever (0,24) et le Labrador (0,30), sans exclure ces races.

Une exposition médicamenteuse aux corticoïdes

La prednisone, la prednisolone ou la dexaméthasone sont des corticoïdes qui, administrés longtemps ou à fortes doses, peuvent provoquer un Cushing dit iatrogène.

Transmettez au vétérinaire la liste complète des médicaments utilisés. Un corticoïde ne doit pas être arrêté brutalement après un traitement prolongé : une diminution progressive peut être nécessaire.

Quels symptômes doivent vous alerter ?

Une soif accrue et des changements d’activité

La polyuro-polydipsie, c’est-à-dire des urines abondantes associées à une soif excessive, concerne environ 90 % des chiens atteints dans certaines séries cliniques. Un animal jusque-là propre peut recommencer à uriner à l’intérieur.

L’appétit augmente souvent, tandis que l’activité diminue. Ces signes sont très fréquents, sans être obligatoires. Un halètement inhabituel et un ventre arrondi peuvent aussi apparaître. La fonte musculaire explique parfois une difficulté à monter les escaliers.

Si votre chien urine dans la maison, évitez les réprimandes : une cause médicale peut dépasser sa capacité à se retenir. Laissez toujours l’eau accessible.

Une peau fragile et un pelage clairsemé

L’alopécie touche souvent les flancs et le tronc, parfois de façon symétrique. La peau peut devenir fine, présenter des comédons ou cicatriser moins facilement.

Un chien peut ne montrer que des signes cutanés. Dans la série de Zur et White publiée en 2011, dix chiens consultaient uniquement pour une dermatose ; neuf présentaient une alopécie.

Toutefois, une perte de poils par plaques peut aussi accompagner une infection, une allergie ou une hypothyroïdie. Une peau rouge, malodorante ou très prurigineuse fait rechercher plusieurs causes, parfois associées.

Comment confirmer la maladie de Cushing chez le chien ?

Le diagnostic du syndrome de Cushing repose sur les symptômes et les examens, pas sur une seule mesure biologique.

Une vétérinaire examine doucement un chien âgé couché sur une table dans une clinique.

Le parcours comprend généralement trois étapes :

  1. Le vétérinaire examine le chien et réalise un bilan sanguin et urinaire. Il recherche aussi un diabète, des infections urinaires ou une maladie rénale.
  2. Un test hormonal explore le fonctionnement des surrénales. Le test de freinage à faible dose de dexaméthasone se déroule en trois temps. Ce test de freinage compare le cortisol mesuré avant l’injection, puis quatre et huit heures après, soit T0, T4 et T8.
  3. L’échographie abdominale examine les surrénales. Un scanner ou une IRM peut ensuite préciser une masse ou explorer l’hypophyse.

Une baisse du cortisol à T4 sous 40 nmol/L, suivie d’une remontée à T8, peut soutenir une origine hypophysaire. Ce seuil ne confirme pas cette origine à lui seul : les unités, la méthode du laboratoire et le profil complet comptent.

Le test de stimulation à l’ACTH intervient dans certaines situations, notamment pour une forme iatrogène. L’algorithme diagnostique d’IDEXX distingue ces usages. Le stress et les maladies concomitantes peuvent perturber les résultats.

Quand rechercher un macroadénome hypophysaire ?

Un macroadénome est une tumeur hypophysaire volumineuse. Son volume peut provoquer des troubles neurologiques, comme une désorientation, un changement de comportement, des troubles visuels ou des crises convulsives.

L’étude de Benchekroun publiée en 2017 associait un macroadénome à une fréquence cardiaque inférieure à 84 battements par minute et à une température inférieure à 38,3 °C. Cette bradycardie, c’est-à-dire un ralentissement de la fréquence cardiaque, et ces valeurs restent des indices cliniques, sans poser de diagnostic ni remplacer l’imagerie cérébrale.

Le dosage des précurseurs de l’ACTH relève d’explorations spécialisées. Granger et ses collègues ont rapporté en 2005 une sensibilité de 93 % et une spécificité de 86 %, avec un seuil de 35 pmol/L pour repérer un macroadénome.

Ces performances concernent la population étudiée. Ce dosage n’est pas un examen de routine et ne remplace pas l’IRM lorsque des signes neurologiques apparaissent. Une crise convulsive ou une dégradation neurologique rapide impose une consultation urgente.

Quels traitements peut-on proposer ?

Le trilostane, généralement prescrit au long cours

Le trilostane, commercialisé notamment sous le nom Vétoryl, inhibe la stéroïdogenèse : il diminue la fabrication du cortisol. Le traitement est généralement poursuivi à vie, avec une dose adaptée individuellement et une administration avec nourriture.

Il contrôle les effets hormonaux sans retirer la tumeur hypophysaire. L’hypothèse d’une croissance tumorale favorisée par le traitement, parfois rapprochée du syndrome de Nelson, n’est pas démontrée chez le chien.

Moins couramment employé que le trilostane, le mitotane agit sur le tissu surrénalien et exige une surveillance étroite. Ces médicaments ne sont pas interchangeables sans nouvelle prescription.

La chirurgie et les traitements spécialisés

Une tumeur surrénalienne opérable peut justifier une surrénalectomie. L’intervention offre parfois une guérison, mais ses risques dépendent notamment de l’extension tumorale et de l’état général.

Pour certaines tumeurs hypophysaires, des centres spécialisés proposent chirurgie ou radiothérapie. Hansen a rapporté en 2019 une amélioration clinique chez 37 chiens sur 45 après radiothérapie stéréotaxique, avec une survie médiane de 311 jours.

La cabergoline reste une option spécialisée, moins étayée que le trilostane. Dans l’étude de Castillo de 2008, 17 chiens sur 40, soit 42,5 %, ont répondu, avec réduction tumorale chez les répondeurs. Ces résultats ne permettent pas de la présenter comme un traitement standard.

Enfin, aucun remède homéopathique ni complément alimentaire n’a démontré qu’il pouvait remplacer ces traitements.

Quel suivi prévoir après le début du traitement ?

Les premiers jours servent à observer la tolérance et l’évolution des symptômes. Signalez au vétérinaire les effets secondaires inhabituels. Il n’existe pas de période obligatoire d’une semaine durant laquelle des symptômes marqués seraient normaux.

Un premier contrôle intervient souvent après 10 à 14 jours, puis vers un mois et trois mois. Ensuite, les rendez-vous sont généralement trimestriels, avec des contrôles supplémentaires après modification de dose.

Le suivi du traitement au trilostane associe l’état clinique aux examens biologiques. Le vétérinaire surveille notamment les électrolytes et adapte les dosages hormonaux au protocole choisi.

Sous trilostane, vomissements, diarrhée, refus de manger ou faiblesse inhabituelle peuvent signaler un manque dangereux de cortisol. Ne redonnez pas la dose suivante et contactez immédiatement le vétérinaire.

À domicile, notez la consommation d’eau, l’appétit et l’endurance. La peau et le pelage récupèrent plus lentement. Une alimentation équilibrée, adaptée aux maladies associées, et des promenades selon ses capacités soutiennent son confort.

Combien coûtent les examens et le traitement ?

Il n’existe pas de tarif national unique. Le prix d’un dosage seul ne correspond pas au coût du diagnostic complet.

Voici des repères tarifaires publiés par Rassurez-moi, à considérer comme indicatifs.

PosteFourchette indicative
Consultation vétérinaire35 à 60 €
Bilan sanguin et dosage hormonal100 à 200 €
Échographie abdominale100 à 250 €

Le budget dépend surtout des actes nécessaires. Ces lignes ne s’additionnent pas automatiquement : certains forfaits regroupent plusieurs examens. Un scanner, une IRM ou une chirurgie constituent des dépenses supplémentaires.

Pour le traitement, le poids, la dose prescrite et la fréquence des contrôles modifient la facture. Il faut donc distinguer médicaments, suivi courant et éventuelles complications, plutôt que retenir un montant mensuel universel.

Questions fréquentes sur le pronostic

Quelle est l’espérance de vie avec ou sans traitement ?

Certains chiens stabilisés vivent plusieurs années avec un confort satisfaisant. Cependant, aucune médiane ne prédit la durée de vie de votre compagnon.

Dans la cohorte japonaise de Nagata publiée en 2017, la survie sans traitement avait une médiane de 506 jours. Le risque de décès était multiplié par 5,01 par rapport aux chiens traités.

Barker rapportait en 2005 des médianes de 662 jours sous trilostane et de 708 jours sous mitotane, sans différence significative. Ces chiffres dépendent des populations étudiées et ne permettent pas de comparer directement médicaments et radiothérapie.

Que se passe-t-il si l’on arrête le traitement ?

L’arrêt du trilostane peut laisser réapparaître la soif excessive, les urines abondantes et les autres manifestations de l’hypercorticisme. Le médicament contrôle la production hormonale sans supprimer systématiquement sa cause.

Une interruption programmée doit donc être encadrée. En revanche, un chien malade sous traitement nécessite un avis immédiat avant toute nouvelle prise. Pour un Cushing provoqué par des corticoïdes, leur diminution suit un protocole différent.

Le diagnostic signifie-t-il une fin de vie proche ?

Le diagnostic seul ne justifie pas une euthanasie. L’évaluation repose sur la qualité de vie, la souffrance et les possibilités de soins.

Des difficultés persistantes à manger, se déplacer ou se reposer, malgré une prise en charge adaptée, méritent une discussion avec le vétérinaire. Les complications et les autres maladies comptent autant que le Cushing dans cette décision.

Préserver son confort avec un suivi adapté

La maladie de Cushing demande de relier les symptômes, de confirmer leur cause et d’ajuster les soins dans la durée. Le confort quotidien reste le meilleur fil conducteur, avec les résultats des examens.

Si votre chien boit davantage, perd ses poils ou change d’activité, prenez rendez-vous et apportez vos observations. Ces informations aideront le vétérinaire à choisir les explorations utiles.

Hypothyroïdie canine : symptômes et traitement
Hypothyroïdie canine : signes, diagnostic et traitement

L’hypothyroïdie canine provoque un manque d’hormones thyroïdiennes, avec souvent une fatigue progressive, une prise de poids et des changements du

Leptospirose chien : symptômes, traitement et prévention
Leptospirose du chien : symptômes et prévention

La leptospirose chez le chien est une infection bactérienne grave qui peut atteindre les reins, le foie et parfois les poumons. Une prise en charge

Pancréatite chien : symptômes, urgence et traitements
Pancréatite chez le chien : signes et prise en charge

La pancréatite chez le chien peut le faire vomir, lui couper l’appétit et provoquer une douleur abdominale. Certaines formes deviennent graves et

Parvovirose chiot : symptômes, urgence et soins
Parvovirose chez le chiot : symptômes et urgence

La parvovirose chez le chiot, souvent appelée parvo, est une infection grave qui nécessite un appel urgent à la clinique, surtout en présence de