novembre 2, 2026
La leptospirose chez le chien est une infection bactérienne grave qui peut atteindre les reins, le foie et parfois les poumons. Une prise en charge vétérinaire rapide améliore les
La leptospirose chez le chien est une infection bactérienne grave qui peut atteindre les reins, le foie et parfois les poumons. Une prise en charge vétérinaire rapide améliore les chances de guérison, sans attendre la confirmation des analyses.
Si votre compagnon vomit, devient très abattu ou n’urine plus, contactez une clinique sans attendre. Ces signes peuvent avoir plusieurs causes, mais ils méritent une évaluation urgente, même chez un chien vacciné. Pour réagir utilement, commencez par connaître les situations d’exposition et les signes d’alerte.
La maladie est due à une bactérie du genre Leptospira, appelée leptospire. Les rats, les ragondins et les hérissons peuvent la porter sans paraître malades, puis l’éliminer dans leurs urines.
Le chien s’infecte en buvant une eau contaminée. Les bactéries peuvent aussi pénétrer par une muqueuse, notamment la bouche ou les yeux, ou par une peau abîmée. Une morsure ou un contact direct avec un rat n’est donc pas nécessaire.

Dans les eaux stagnantes, les leptospires peuvent survivre plusieurs mois lorsque le milieu est chaud et humide. Les mares, les fossés et certaines flaques sont des lieux d’exposition possibles.
Le risque concerne aussi les chiens urbains, car les rongeurs fréquentent les jardins, les parcs et les abords des poubelles. Le ministère de l’Agriculture rappelle que cette infection transmissible à l’humain est une zoonose. Le danger dépend des contacts avec un environnement contaminé, pas seulement du lieu de résidence.
La période d’incubation dure généralement 2 à 14 jours. Les manifestations varient selon les organes atteints et la gravité de l’infection.
Un chien moins actif, qui présente une anorexie (une perte d’appétit) ou vomit, peut être au début de la maladie. Des douleurs, une diarrhée et une soif inhabituelle peuvent accompagner cet abattement.
La température peut atteindre 39,5 à 40 °C, mais la fièvre n’est pas constante. Dans sa présentation de la leptospirose, VetAgro Sup souligne aussi la fréquence d’une hypothermie. L’absence de fièvre ne permet donc pas d’écarter l’infection.
Il n’existe pas de premier symptôme suffisamment caractéristique pour reconnaître la leptospirose à domicile. Signalez à l’équipe de la clinique les sorties récentes et les éventuels contacts avec de l’eau stagnante.
La maladie peut provoquer une jaunisse (ictère), visible sur les gencives ou le blanc des yeux. Des saignements digestifs, une atteinte rénale ou des difficultés respiratoires peuvent également apparaître.
Consultez immédiatement si votre chien présente :
Ces signes ne prouvent pas une leptospirose, mais leur gravité suffit à justifier une urgence immédiate.
Le diagnostic associe l’examen clinique, l’historique des expositions et plusieurs analyses. Apportez le carnet de santé et indiquez les médicaments déjà administrés à l’équipe de la clinique.
La numération formule sanguine recherche notamment une baisse des plaquettes, qui participent à la coagulation. Le bilan biochimique mesure les conséquences sur les reins, le foie et l’équilibre de l’organisme.
L’analyse d’urine apporte des informations complémentaires. Une échographie abdominale peut aussi aider à examiner les organes et à rechercher d’autres causes possibles.

La PCR recherche le matériel génétique de la bactérie dans le sang et les urines. Le sang est souvent plus informatif au début de la maladie, tandis que l’analyse urinaire peut l’être davantage ensuite. Le choix du prélèvement pour la PCR dépend donc du stade de l’infection. Les prélèvements sont idéalement réalisés avant les antibiotiques, sans retarder les soins nécessaires.
La sérologie recherche des anticorps. Elle peut rester négative pendant la première semaine, car l’organisme n’en a pas encore produit suffisamment. Un second prélèvement, environ deux semaines plus tard, permet de rechercher une séroconversion ou une hausse du taux d’anticorps. La séroconversion correspond à l’apparition d’anticorps entre les deux prélèvements.
Une vaccination antérieure peut également compliquer l’interprétation. Le vétérinaire rapproche donc les résultats des symptômes et du calendrier vaccinal.
Une sérologie négative au début de la maladie ne suffit pas à exclure une leptospirose. Le traitement peut commencer avant les résultats définitifs.
Un chien peut guérir de la leptospirose. Toutefois, l’étendue des lésions et la rapidité de la prise en charge influencent fortement son pronostic.
Le traitement repose sur une antibiothérapie précoce et des soins adaptés aux organes touchés. Une hospitalisation de plusieurs jours est souvent nécessaire.
La perfusion intraveineuse corrige la déshydratation et les déséquilibres. L’équipe surveille aussi les urines, la respiration et les résultats sanguins. Les volumes perfusés nécessitent une adaptation attentive lorsque les reins fonctionnent mal.
Si le chien n’urine plus, une insuffisance rénale aiguë peut être en cause. Une dialyse (hémodialyse) peut être nécessaire dans un centre équipé pour éliminer les déchets et contrôler certains déséquilibres pendant la prise en charge.
Nos repères sur l’insuffisance rénale du chien permettent de mieux comprendre cette complication et les signes qui l’accompagnent.
L’annonce peut être angoissante, surtout lorsqu’une hospitalisation s’impose. Aucun pourcentage unique ne permet pourtant de prédire l’issue pour votre compagnon : les formes cliniques diffèrent beaucoup.
L’équipe soignante s’appuie sur la production d’urine, la respiration et l’évolution des analyses pour expliquer la situation. Une amélioration de l’appétit est encourageante, mais elle ne remplace pas ces évaluations.
Après la sortie, poursuivez les médicaments prescrits jusqu’au terme prévu. Les contrôles sanguins et urinaires permettent ensuite de suivre la récupération et d’adapter les soins.
La vaccination est le principal moyen de prévention. Elle réduit le risque de maladie, mais ne protège pas contre toutes les leptospires circulantes.
La primovaccination comprend habituellement deux injections espacées de trois ou quatre semaines, selon le produit. L’âge de début dépend également de la spécialité : il n’existe pas un calendrier identique pour toutes les spécialités.
Par exemple, le protocole d’EURICAN L-MULTI prévoit deux injections à quatre semaines d’intervalle, dès sept semaines. L’immunité commence deux semaines après la seconde injection. Un rappel est prévu douze mois après la primovaccination, puis un rappel annuel.
Ce calendrier concerne ce produit. Notre guide du calendrier des vaccins du chien aide à distinguer les différentes protections inscrites dans le carnet de santé.
Les vaccins quadrivalents, comme NOBIVAC L4, couvrent quatre sérogroupes de leptospires. Cependant, tous les produits disponibles ne sont pas quadrivalents : EURICAN L-MULTI en cible trois.
Le choix dépend des caractéristiques du produit et de l’exposition du chien. Un changement de produit ou un rappel en retard nécessite donc une décision adaptée au produit et à l’historique des injections.
Même vacciné, votre chien doit être examiné s’il présente des signes évocateurs. Le vaccin ne traite pas une infection déjà installée et ne remplace pas les précautions autour des eaux stagnantes.
La transmission d’un chien à un humain est possible, même si elle reste rare. Les précautions concernent surtout les urines et les surfaces souillées.
En 2025, Santé publique France a recensé 562 cas humains signalés, dont 274 en France hexagonale et Corse. Ces données concernent l’ensemble des contaminations humaines, pas uniquement celles liées aux chiens.
Si une leptospirose est suspectée, portez des gants pour nettoyer le liquide urinaire. Couvrez vos plaies, lavez-vous les mains et éloignez les enfants des zones souillées. Ces précautions d’hygiène incluent le nettoyage et la désinfection des surfaces selon les consignes de la clinique, sans mélanger les produits ménagers.
Évitez aussi les projections pendant le nettoyage et tout contact du liquide urinaire avec les yeux ou la bouche. Après une exposition suivie de symptômes, consultez un médecin en signalant le contexte.
Pour votre chien, emportez de l’eau potable en promenade afin de limiter l’abreuvement dans les flaques. Empêchez l’accès aux eaux stagnantes et protégez les aliments des rongeurs. Après des inondations, redoublez de prudence autour des eaux souillées.
Ces gestes complètent la vaccination. Ils restent utiles en ville comme à la campagne, sans nécessiter de supprimer toutes les sorties de votre compagnon.
Appelez la clinique et décrivez précisément les symptômes, notamment la dernière miction observée. Mentionnez aussi une baignade, un contact avec des rongeurs ou un accès à des eaux stagnantes.
Gardez votre chien au calme. Ne donnez pas de médicament humain ni d’antibiotiques restants d’un ancien traitement. Ne le forcez pas à boire s’il vomit ou avale difficilement. En cas de malaise, de difficulté respiratoire ou d’absence d’urine, partez en urgence après avoir prévenu la clinique.
Signalez leur présence à la clinique, même s’ils paraissent en forme. Ils peuvent avoir fréquenté le même environnement contaminé, sans présenter encore de symptômes.
La conduite dépend de cette exposition, de leur vaccination et de leur état clinique. En attendant les consignes, empêchez les contacts avec les sécrétions urinaires et les autres rejets du chien malade, et séparez les couchages souillés. Un animal apparemment sain ne doit pas recevoir automatiquement le traitement prescrit à son compagnon.
La rapidité de prise en charge compte dès qu’un chien devient très abattu, vomit ou présente des troubles urinaires. N’attendez ni une jaunisse ni un résultat d’analyse pour demander de l’aide.
La vaccination et la réduction des contacts avec les eaux souillées restent complémentaires. Nos informations vous donnent des repères, mais seul un examen clinique permet d’évaluer votre compagnon et de choisir les soins nécessaires.
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